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Section du Puy-de-Dôme

Photographie de la dernière activité

2021 - Centenaire du Bâton de Maréchal d'un Auvergnat et Centenaire de la SMLH.

La conférence organisée le 20 décembre 2021 par le Cercle Médicis et la Société des membres de la Légion d'honneur sur le Maréchal Émile Fayolle, né au Puy-en-Velay le 14 mai 1852, et qui épousa une Clermontoise, interroge aujourd'hui sur le fait qu'il soit à ce point ignoré par l'histoire.

Christophe Gironde, président du Cercle Médicis, devait retracer les grands moments du parcours exceptionnel du Maréchal, polytechnicien, qui embrassa une carrière dans l'artillerie avant de suivre les cours de l'École de cavalerie de Saumur, et qui fut rappelé par ses pairs lors du conflit de la Grande Guerre, alors qu'il était à la retraite et résidait à Clermont-Ferrand.

Il prend alors le commandement de la 139e Brigade de la 70e Division et participe aux batailles de Morhange et du Grand Couronné de Nancy, avant d'être placé sous les ordres de Philippe Pétain. Confronté à la guerre des mines qui consiste à creuser un tunnel sous la tranchée de l'ennemi afin de la faire exploser, il sait que la guerre sera longue. En 1917, Émile Fayolle prend la tête de la 6e Armée, engagée sur la Somme pour dégager Verdun, avant d'être envoyé en urgence sur le front italien où il gagne la bataille de Tomba. Commandant le Groupe d'Armée de Réserve, il défend Paris en mars 1918 et sort victorieux de la deuxième bataille de la Marne. Après la signature de l'Armistice, le 11 novembre 1918, il doit se rendre en Allemagne pour occuper Mayence.

Une conférence à double voix, au cours de laquelle Martine Brunswig, présidente du Comité de Clermont-Ferrand de la Société des membres de la Légion d'honneur, apporte un éclairage particulier à tous ces événements, en citant des extraits des Cahiers secrets de la Grande Guerre que le Maréchal Fayolle a écrit au fil de jours et qui n'étaient pas destinés à être publiés.

Quand la mobilisation générale est annoncée le 1er août 1914, Émile Fayolle est à Clermont-Ferrand. Il va dérouler pendant cinq ans dans ses Cahiers Secrets, comme un film jour après jour, les batailles, ses interrogations, ses déconvenues, en un mot, son histoire de la guerre.

Avec clairvoyance il s'interroge sur les attaques « mal conçues, mal montées, mal appuyées, qui coûtent des centaines et quelquefois des milliers d'hommes ». Il dépeint les visites des tranchées : « je n'ai jamais eu autant de boue » et il parle de ses hommes qui combattent coude à coude « un inspecteur d'académie, un luthier, un ecclésiastique ». Sur la guerre, il dénonce les incohérences de ses chefs « Attaquez dit Foch sans se soucier de l'état de la préparation » et estime qu'« une des grosses fautes qu'on s'obstine à commettre, c'est la dualité du commandement de l'artillerie d'un général qui est à des kilomètres du champ de bataille et ne sait rien des réalités locales ».

Le Maréchal Fayolle est profondément humain et s'inquiète pour ses hommes, voulant éviter les massacres : « Que faire ? Va-t-on reprendre les grandes tueries sous prétexte de percée ? ». Très lucide, lui qui est modeste aussi, il décrit les querelles entre les chefs de guerre où se mêle parfois la politique et dénonce les stratégies de l'usure qui font tant de morts.

Visionnaire encore, lorsqu'il doit se rendre après l'Armistice à Mayence. Il constate : « L'Allemagne n'est pas du tout épuisée. Si on la laisse libre, elle pourra recommencer la guerre dans dix ans et même avant » et le 31 décembre 1918 il conclut : « Je finis cette année dans un sentiment de tristesse, parce que l'avenir ne me paraît pas suffisamment assuré ».

Le 14 juillet 1919 à Paris, lors du défilé fusent des cris « Vive le Puy, Vive l'Auvergne, ce qui me fait plaisir », écrira-t-il. Il termine Les cahiers secrets en 1920.

Le 19 février 1921, Émile Fayolle est élevé à la dignité de Maréchal de France, alors qu'il est Grand-Croix de la Légion d'honneur.

Dans la salle, les participants retiennent leur souffle, ils viennent de vivre cette guerre en direct. Arrive un moment d'intense émotion. Deux petites-filles de la famille du Maréchal Fayolle, présentes à la conférence, sont invitées à venir rejoindre les orateurs. Elles évoquent des bribes de la vie du Maréchal et les objets qui lui appartenaient qui sont toujours dans la famille : un tableau figurant son portrait, son épée en argent sertie de pierres offerte par la ville du Puy et son bâton de Maréchal. Vient ce moment émouvant quand l'une d'elles explique que ces objets, ce sont ceux de la France. Il est prévu qu'ils soient remis aux Invalides, là où la dépouille mortelle du Maréchal Émile Fayolle repose sous la huitième arcade du tombeau des gouverneurs, après des obsèques nationales.

La même interrogation reviendra sans cesse parmi les participants, mais pourquoi est-il aussi peu connu et notamment des Auvergnats ?

Martine Brunswig, présidente du comité de Clermont-Fd de la SMLH.

Le diaporama qui a été projeté pendant la conférence est visible à l'onglet « Liens » ligne « Documents ».


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