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Section du Puy-de-Dôme

L'assemblée générale annuelle de la section du Puy-de-Dôme de la SMLH s'est tenue le 29 septembre 2018 à La Bourboule, dont le président de comité Monsieur Claude Rozot a été le principal organisateur.

L'assemblée générale proprement dite s'est tenue dans la salle des congrès du Casino. Après avoir rendu hommage aux défunts, le président de la section a exposé les conclusions du congrès national qui a eu lieu à Toulouse du 16 au 18 mai dernier, détaillé le rapport moral et financier et précisé les orientations pour l'avenir. Les présidents de comité ensuite fait un exposé détaillé de leurs actions et de leurs projets.

Une élection a renouvelé le bureau du comité de Clermont-Fd, arrivé au terme d'un mandat de trois ans.

La composition du bureau est maintenant la suivante :
Présidente : Madame Martine BRUNSWIG.
Vice-président(e)s : Monsieur Serge BAGEL, Madame Michelle CLAVIERE et Monsieur Henri JAVION.
Secrétaire : Madame Mireille LACOMBE.
Secrétaire et trésorière adjointe : Madame Marie-Thérèse PRADEL.
Trésorier : Monsieur Henri JAVION.
Membre : Monsieur Jean-Marc JUILHARD.

La séance de conclusion a eu lieu en présence des autorités civiles et militaires : Monsieur Jacques BILLANT, préfet du Puy-de-Dôme, Monsieur Louis GISCARD d'ESTAING, représentant Monsieur Laurent WAUQUIEZ, président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, Monsieur François CONSTANTIN, Maire de La Bourboule, le général Philippe OTT, commandant adjoint au général commandant la Région de gendarmerie Auvergne-Rhône-Alpes et commandant le groupement de gendarmerie départementale du Puy-de-Dôme, le colonel Franck CHATELUS, commandant la Base de défense de Clermont-Fd.

Un dépôt de gerbe a ensuite eu lieu au Monument aux Morts de La Bourboule, suivi d'un vin d'honneur au Casino et d'un déjeuner en ville au restaurant « Café Français ».

Ci-dessous, le texte de l'intervention de Monsieur Jacques BILLANT, préfet du Puy-de-Dôme

Je suis heureux d'être présent à La Bourboule à l'occasion de la tenue de votre assemblée générale et remercie le Général VARENNE-PAQUET, votre président, de me donner l'opportunité de partager ce moment de rencontre avec la grande famille puydômoise des Légionnaires.

Je rends hommage à son dynamisme, à son esprit unitaire et solidaire et lui réaffirme mon entier soutien dans l'exercice de sa responsabilité.

Monsieur le Président, c'est un honneur, chaque année renouvelé, de me retrouver au sein de votre belle association qui nous rassemble dans le creuset des valeurs de citoyenneté, de civisme et de civilité, et de pouvoir témoigner aux Légionnaires mes remerciements sincères pour l'humanisme dont ils sont porteurs au-delà de la diversité de leurs engagements personnels, sociaux, économiques et politiques.

En rejoignant l'Ordre de la Légion d'honneur, le plus prestigieux qui soit, vous vous êtes engagés dans une même communauté de pensée et d'action et vous êtes en quelque sorte devenus dépositaires de notre conscience républicaine.

Établir un Ordre qui fût le signe de la vertu, de l'honneur, de l'héroïsme, une distinction qui servît à la fois la bravoure militaire et le mérite civil, telle a été l'intention de son créateur, Bonaparte, Premier Consul.

Il est ambitieux d'aborder le sujet de la Légion d'honneur tant il présente, de prime abord, un caractère imposant, intemporel, immuable, celui des fameuses « masses de granit ».

Mais l'histoire de la Légion d'honneur est une histoire bien vivante, tumultueuse à sa création, ponctuée de mille anecdotes, évolutive depuis plus de deux siècles, mais aussi proche de nous à travers les portraits de légionnaires célèbres ou non, qu'elle a mis et continue de mettre en lumière.

Mesdames et Messieurs, la « LH » s'impose aujourd'hui comme une évidence, immuable et traditionnelle. Et pourtant, quelle persuasion fallût-il à Bonaparte pour imposer son idée !

Permettez-moi de revenir quelques instants sur l'histoire de la Légion d'honneur.

Depuis la suppression des Ordres de Chevalerie dans la Constitution de 1791 et l'interdiction du port des décorations pour les militaires en octobre 1792, la question des récompenses pour faits d'armes et dévouement reste posée.


Par la Constitution de l'an VIII, le Consulat reprend d'abord les tentatives précédentes au sujet de la création de nouvelles décorations et prévoit des récompenses nationales en créant les « armes d'honneur », armes de grand luxe, gravées au nom du bénéficiaire et accompagnées d'un brevet pour les soldats ayant accompli des actions d'éclat au combat.

La création de la Légion d'honneur, sous l'impulsion et la volonté déterminée de Bonaparte, se heurte aux réticences de certains milieux républicains, y compris dans l'entourage du Premier Consul, qui y voient un retour à une coutume royale. Le Conseiller d'État Berlier prétendit ainsi que l'ordre proposé ne convenait pas à une république, que les croix et les rubans n'étaient que les hochets de la monarchie, ce à quoi Bonaparte répondra : « c'est avec des hochets que l'on mène les hommes ».

A ceux qui veulent réserver la nouvelle institution aux seuls militaires, Bonaparte répond : « Si l'on distinguait les hommes en militaires et en civils, on établirait deux ordres, tandis qu'il n' y a qu'une Nation. Si l'on décernait des honneurs qu'aux militaires, cette préférence serait encore pire, car dès lors, la Nation ne serait plus rien ». Personnages illustres, soldats analphabètes, tous porteront désormais la même décoration.

Celle-ci est consacrée lors de deux cérémonies. La première aux Invalides le 25 Messidor an XII (15 juillet 1804) et la deuxième au Camp de Boulogne, « Ville Impériale » comme la désigne Napoléon 1er lui-même.

A Boulogne, la remise des décorations a une symbolique nettement plus marquée : c'est de là que part l'armée qui vaincra à Austerlitz.

Le 23 Thermidor (11 août 1804), les maréchaux Berthier et Soult invitent la municipalité de Boulogne à faire illuminer les monuments et les demeures particulières en vue de la remise solennelle de la Légion d'honneur prévue pour le 28 Thermidor suivant. A l'aube, des salves d'artillerie et des sonneries de cloches retentissent en signe d'accueil du « Grand Jour ».

La meilleure et la plus forte armée du moment offre un accueil retentissant à son chef au cri de « Nous le jurons », montrant ainsi toute la fidélité que peuvent offrir les soldats à un chef et à leur patrie.

Napoléon remet la première croix de grand officier à l'amiral Bruix, suivi des maréchaux Ney et Soult. Il y a aussi une dizaine de civils qui sont décorés, parmi lesquels Monseigneur de Broglie et Emery, le maire de Dunkerque.

Quelques mois plus tard, le 2 décembre 1805, comme l'affirme Albert Chatelle, la Légion d'honneur reçoit à Austerlitz « la consécration du feu et de la gloire ».

Je terminerai ce volet historique en rapportant un détail amusant qui vous étonnera peut-être Mesdames. Les croix de la Légion d'honneur portées par les beaux officiers de la Cour accrochaient facilement du bout de leurs branches aiguës les corsages de leurs cavalières au cours des valses. C'est ainsi que l'on fut amené à souder les petites sphères qui depuis lors terminent les branches de la « croix ».

Mesdames et Messieurs, depuis 1802, la Légion d'honneur est associée à tous les grands moments de notre histoire, depuis 1802, l'histoire de la Légion d'honneur se confond avec celle de la France.

Le succès et le prestige de ce nouvel offre furent tels que les événements politiques qui suivirent la chute de Napoléon 1er n'eurent aucune influence sur sa destinée et que les divers régimes qui se succédèrent le reconnurent solennellement. Parmi les distinctions conférées, aucune n'est comparable à la Légion d'honneur.

Spécialement créée pour récompenser des mérites éminents au service de la Nation, la plus élevée des distinctions répond à des buts d'ordre civique.

Trait d'union entre les générations, le prestigieux ruban rouge est avant tout et surtout, celui qu'ont reçu des femmes et des hommes ayant servi avec honneur et amour leur pays.

La signification de la décoration, qu'ils sont si fiers de se voir attribuer, n'a pas changé depuis deux siècles.

Le ruban rouge témoigne, par-delà les vicissitudes de la paix et de la guerre, de la permanence des vertus civiques et de leur reconnaissance par la Nation.

Car les épreuves passées, il ne faut jamais oublier pour autant tous ceux qui, dans les périodes de paix, se sont consacrés et se consacrent à la défense, au développement et à la reconnaissance de notre pays.

La Légion d'honneur est symbole de dévouement, d'abnégation et de patriotisme, elle manifeste donc la reconnaissance de la Nation à l'égard de ceux qui ont su faire preuve des vertus figurant sur son insigne : Honneur et Patrie

Votre devise doit continuer d'animer les femmes et les hommes légionnaires qui cultivent toujours cette aspiration à se mettre au service de la France et au service d'autrui.

C'est dans cet esprit que les légionnaires confirment leur volonté de peser dans la société contemporaine en tenant le flambeau pour éclairer les pas des plus jeunes dans la construction de leur avenir.

C'est votre rôle, c'est notre rôle, tel Cassandre, que de faire passer le courant de la pensée qui vous anime et la force de vos convictions aux plus jeunes.

Ce que nous devons faire aujourd'hui, c'est permettre à chacun de construire son propre projet, un projet à la hauteur de son talent et de ses ambitions, dans le respect de l'intérêt général.

Il est en effet inacceptable qu'un enfant renonce à ses rêves en raison de son milieu social ou de ses origines. Quand notre société sera complètement imprégnée des valeurs d'égalité et de fraternité que vous portez, alors celle-ci sera plus généreuse dans sa richesse et sa diversité.

Il faut donc remettre de l'espoir et du mouvement dans une société qui est encore trop figée, trop hiérarchique, trop cloisonnée.

Il faut faire en sorte que la France soit un pays où seuls comptent le tempérament, la personnalité, la volonté, l'enthousiasme, le sens des responsabilités et l'engagement.

Mesdames et Messieurs les Légionnaires, je suis fier de pouvoir aujourd'hui encore vous rendre hommage, au nom de l'État, vous qui avez été honorés pour votre courage, votre dévouement, vos activités, votre service, vos initiatives. Je tiens à vous dire ou plutôt à vous redire ma reconnaissance pour votre disponibilité chaque fois qu'une cérémonie peut appeler votre présence, comme ce matin à La Bourboule.

J'apprécie, Monsieur le Président, l'engagement de votre section et de son porte-drapeau lors des manifestations patriotiques ou du souvenir. Sachez combien les élus ou les autres associations y sont sensibles.

Comme à chaque fois, ces cérémonies empreintes d'émotion doivent nous faire réfléchir au sens des mots Patrie, Honneur et Héroïsme, et à leurs liens. Il nous faut rappeler encore et toujours combien ces mots sont d'actualité : c'est le sens de l'engagement des Légionnaires.

En ces temps difficiles où dans certains pays, des voix sont étouffées, des hommes et des femmes sont privées de liberté, où les Droits de l'Homme sont bafoués, où des événements peuvent mettre en cause la paix, il est nécessaire que vous puissiez assumer la mission qui vous est confiée par la Nation, à savoir délivrer un message de paix et être sur le terrain les ambassadeurs de nos valeurs républicaines.

Vous resterez en ce sens fidèles à l'esprit du Général de Gaulle lorsqu'il affirmait : « soyons fermes, purs, fidèles : au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n'ont pas cédé ».

Ces propos collent parfaitement à votre action.

Mesdames et Messieurs les Légionnaires, je souhaite que ne soit jamais rompu ce fil rouge qui nous relie, tous les Français, à notre passé et nous relie chacun à notre patrie.




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