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Section du Puy-de-Dôme

Le général DESAIX est la grande figure militaire emblématique de l'Auvergne.

Sa statue s'élève fièrement à l'extrémité sud de la place de Jaude, face à celle de Vercingétorix. Ce sont les deux seules statues monumentales de cette immense place qui est le centre de la vie urbaine de Clermont-Fd.

Un deuxième monument emblématique de Clermont-Fd est consacré au général DESAIX. Il a été édifié au sommet d'une crête au centre du carrefour de la rue Ballinvilliers, du boulevard Lafayette, de l'avenue Vercingétorix et du boulevard Léon Malfreyt.

Ce monument a été construit par la ville de Clermont-Fd avec l'approbation de Bonaparte. Il est l'oeuvre de l'architecte Pierre Laurent. Il se compose d'une fontaine, avec en son centre un obélisque posé sur un piédestal, qui rappelle la campagne d'Égypte pendant laquelle le général DESAIX s'est brillamment illustré, notamment à la bataille des Pyramides. C'est ce qui explique que le monument continue à être appelé improprement « La Pyramide » par les Clermontois.

Le souvenir du général Desaix est également entretenu par son nom, qui est donné au boulevard sur lequel se trouve la Préfecture du Puy-de-dôme, ainsi qu'au quartier qui abrite le 92e Régiment d'infanterie et la Base de défense de Clermont-Fd.

Ci-dessous un texte rédigé à partir de la revue CONDARI du 92e Régiment d'infanterie.

Louis Charles Antoine DESAIX est né le 17 août 1768 à Ayat-sur-Sioule (Puy-de-Dôme), dans une famille noble auvergnate. Il reçoit une éducation militaire en entrant à l'École royale militaire d'Éffiat (Puy-de-Dôme) en 1776, dont il sort sous-lieutenant en 1791. Il sert brièvement au Régiment de Bretagne, avant de revenir en terre clermontoise la même année comme commissaire des guerres.

Premières armes et général à 25 ans

Alors que la majeure partie de sa famille émigre, effrayée par le tour anti-aristocratique, que prend la Révolution, il se distingue en prenant fait et cause pour elle. C'est ainsi qu'il rejoint la fameuse armée du Rhin pour se joindre à l'effort de guerre contre la coalition antifrançaise. Lors des combats, et notamment à Lauterbourg, le 18 septembre 1793, il démontre une bravoure et une sagacité d'esprit qui lui valent d'être, à seulement 25 ans, nommé général de brigade puis promu général de division à titre provisoire. Le 2 septembre 1794, il est confirmé dans ce grade par le Comité de salut public.

Campagne d'Égypte

Ayant rencontré le général Bonaparte en Italie, celui-ci lui confie l'organisation du convoi maritime pour la traversée de la Méditerranée, mission normalement confiée à un amiral. Avant de gagner l'Égypte, il participe à la prise de Malte. Puis c'est Alexandrie qui tombe sous ses yeux. Mais c'est à Chebreiss, le 13 juillet 1798, qu'il brille en écrasant les mamelouks. Un succès éclatant qu'il renouvelle lors de la célèbre bataille des Pyramides, le 21 juillet 1798.

Bonaparte lui confie alors la conquête de la Haute-Egypte, qui ne sera pour Desaix qu'une succession de victoires. C'est à ce moment que ses talents de diplomate et d'administrateur lui font gagner le surnom de « Sultan juste », donné par les vaincus eux-mêmes. Instruit par les Oratoriens à Effiat, il célèbre les arts et les sciences, dans les pas de Bonaparte et il favorise nombre de découvertes, lors de cette campagne aux portes de l'Orient. Lui-même participe à des fouilles de ruines et de monuments importants dans cette région des pharaons, qui fascine déjà l'Europe et le futur empereur des Français.

Campagne d'Italie et bataille de Marengo

Rappelé en France, il s'embarque le 3 mars 1800. Après une traversée mouvementée où il est fait prisonnier par les Anglais, puis libéré, il réussit à rejoindre Toulon et écrit ces lignes au Premier Consul le 5 mai : « Ordonnez-moi de vous rejoindre, général ou soldat, peu importe, pourvu que je combatte à côté de vous. Un jour sans servir la patrie est un jour retranché de ma vie ».

Il rejoint alors l'armée d'Italie pour se confronter aux Autrichiens, aux côtés de Bonaparte. Arrivé la veille de la bataille de Marengo, il est en charge de la réserve de l'armée.

Envoyé sur la route de Gênes à la recherche de l'armée ennemie et parti avec 10 000 hommes, il fait demi-tour en entendant une canonnade loin derrière ses lignes. En fait, le gros de l'armée, commandée par Bonaparte lui-même, est en mauvaise posture, ayant été accrochée sévèrement par un ennemi qui l'a surpris et qui attaque en force.

Bonaparte n'est pas loin de voir son armée se débander, quand Desaix sonne la charge, à la tête de la 9e Brigade d'infanterie légère, qu'il lance avec violence contre l'ennemi. Au cours de la charge qui va mettre en déroute les Autrichiens et sauver la situation, le général Desaix est mortellement blessé d'une balle en plein coeur.

A 31 ans, cet officier dont le patriotisme chevillé au corps n'avait d'égal que ses qualités militaires, tombe au Champ d'honneur. Cet Auvergnat très instruit, proche de ses hommes, et qui fut l'un des plus jeunes généraux de la Révolution, aura donné sa vie pour le futur empereur des Français, le 14 juin 1800.

Le 19 juin 1805, le général Desaix est ré-inhumé à la chapelle des Hospitaliers du Grand Saint-Bernard (commune de Bourg-Saint-Pierre en Suisse, à proximité de la frontière avec l'Italie). La cérémonie est présidée au nom de l'Empereur par le maréchal BERTHIER, ministre de la guerre.









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