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Section du Puy-de-Dôme

Photographie de la dernière activité

Hommage à Monsieur Jean-Emmanuel BODINAT
par Monsieur Élie Fayette, Président du Comité de Thiers de la SMLH
Église de Saint-Rémy-sur-Durolle le vendredi 5 janvier 2018

Madame Bodinat, à vous-même, à vos enfants et petits-enfants, à toute votre famille durement éprouvée par ce deuil, je viens, au nom du Comité de Thiers de la Société des membres de la Légion d'honneur, apporter, avec le Commandant Rullier et Monsieur Marc Paslier, notre soutien dans cette épreuve et dire quelques mots, en complément de l'accueil de la paroisse pour rappeler quelques étapes de la vie de Jean-Emmanuel, membre à vie de la Société des membres de la Légion d'honneur.

Il est né, cela a été rappelé, à Thiers, le 8 avril 1933 et était fils et petit-fils de forgerons: les Forges Bodinat, à Thiers. A la suite d'un accident, il passera deux ans à Roscoff (29) dans une clinique orthopédique -Kerlena- mais n'en gardera, heureusement, aucune séquelle. Par contre, il en reviendra passionné de musique et particulièrement de musique bretonne.

En 1955, il se marie avec Monique Saint-Joanis. Il continue de travailler dans la forge de son père jusqu'en 1965 puis rejoindra son épouse et son beau-père au sein de la coutellerie familiale. En 1963 naît son fils unique, Eric.

Il crée, en 1973 une Société Anonyme, la SCOF, « Société de Coutellerie et d'Orfèvrerie Française », conformément à son esprit visionnaire en matière technologique. Il imagine, en effet, dès le début, les premiers couverts en couleur en lien, c'était l'une de ses préoccupations majeures, avec d'autres industriels ou artisans du Bassin de vie de Thiers et de la Montagne thiernoise. Sa devise : « utiliser à plein le savoir-faire local, tout fabriquer sur place, si possible à Saint-Rémy-sur-Durolle ».

Le succès récompense très tôt ses initiatives, la SCOF passe en effet d'une trentaine de salariés en 1973 à 150 en l'an 2000, grâce à un développement important des ventes, en France mais aussi très significativement à l'étranger (35% de la production). Il devient membre du Comité International des Arts de la Table et obtient en 1986, le Prix d'excellence Européenne pour l'esthétique et la qualité de ses produits.

La République, à son tour, reconnaît ses éminents mérites et le nomme, en 1994, le grade de Chevalier de la Légion d'honneur.

Malheureusement, l'importation massive de produits asiatiques à bas coût, mais de moindre qualité, a eu raison de sa société et de beaucoup d'autres dans le Bassin thiernois.

Parallèlement à ses activités professionnelles, Jean-Emmanuel a participé et souvent animé de nombreuses activités associatives. Son engagement au sein de la chorale a été rappelé, de même que sa participation à la Confrérie des compagnons de la mèche de tire-bouchon. Il a été également, pendant plusieurs années, président du club local de football, « l'Étoile Saint-Rémoise » et sa présidence a été suffisamment marquante pour que ce club, bien des années plus tard, publie un avis d'obsèques.

Il est vrai que sur le plan associatif, comme sur le plan professionnel, il apparaissait comme un meneur d'hommes, un homme droit qui savait faire preuve d'autorité, certes, mais très sociable et d'une compagnie très agréable, toujours le premier au travail, mais aussi généreux et bon père de famille.

Frappé par plusieurs AVC successifs depuis mai 2015, la conscience claire qu'il avait des conséquences de sa maladie, l'affectait profondément. Sa famille a été constamment à ses côtés dans cette longue et douloureuse épreuve, plus particulièrement son épouse et ses enfants.

Les membres de la Légion d'honneur, et plus particulièrement ceux du Comité de Thiers, sont aujourd'hui au côté des amis et connaissances de Jean-Emmanuel pour manifester leur soutien et leur sympathie à sa famille durement éprouvée.



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