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Section du Puy-de-Dôme

Photographie de la dernière activité

Les obsèques de Monsieur Julien JURQUET ont eu lieu le 11 juillet 2018 à Clermont-Fd.

Ci-dessous, l'intervention du général (2s) Jean-Paul VARENNE-PAQUET, président de la section du Puy-de-Dôme de la Société des membres de la Légion d'honneur.


Il y a tout juste un an, j'ai décoré Monsieur Julien JURQUET de la Croix de chevalier de la Légion d'honneur, au nom du président de la République et par délégation du Grand chancelier.

Il s'agit de la plus haute distinction française, instituée par Napoléon Bonaparte, Premier consul, en 1802, pour récompenser les services éminents, militaires ou civils, rendus à la Nation.

Monsieur Julien JURQUET a fait partie d'une promotion exceptionnelle, qui avait pour but de traduire l'hommage solennel que la Nation doit à toute une génération de la guerre dans sa diversité : combattants, résistants, déportés, réfractaires au STO, prisonniers, malgré-nous et Justes parmi les nations.

En s'engageant avec courage et humilité, ces hommes et ces femmes, comme Monsieur Julien JURQUET, sont devenus des symboles.

Monsieur Julien JURQUET a reçu également, à 29 ans, la Médaille militaire, qui vient immédiatement après la Légion d'honneur. Elle a été instituée en 1852 par Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, pour récompenser les mérites des meilleurs soldats et sous-officiers et des maréchaux de France et généraux ayant commandé en chef devant l'ennemi.

Monsieur Julien JURQUET est né le 11 juin 1927 aux SALCES en Lozère. En 1939, quand la guerre éclate, il a 12 ans.

En février 1945, il n'a pas encore 18 ans. La libération du territoire national est presque achevée, mais la guerre est loin d'être terminée. Le jeune Julien JURQUET s'engage dans l'armée de l'air, fait ses classes à ORANGE, puis il est affecté à NIMES, où son séjour est de courte durée.

En effet, on demande des volontaires pour l'Indochine, où il reste des Japonais à désarmer. En septembre 1945, il est affecté à SAÏGON.

En 1946, il est affecté, à FRIEDRICHSHAFFEN, où il participe à l'occupation de l'Allemagne vaincue et à reconstruire.

En juillet 1948, il effectue un premier séjour au MAROC à CASABLANCA, puis à FEZ.

En 1951, il se porte à nouveau volontaire pour l'Indochine. Il est alors affecté au TONKIN pour encadrer l'armée vietnamienne.
Les circonstances le conduisent à être commandant de poste, à la tête d'une soixantaine d'indigènes, avec seulement 3 à 4 Européens. La région est difficile. Les postes sont isolés et éloignés les uns des autres.

Son poste est attaqué, il organise remarquablement la défense, mais il est blessé. Il reçoit la Croix de guerre avec deux citations, dont une à l'ordre de la division.

En 1953, il est rapatrié à CASABLANCA et affecté dans un escadron blindé de la Garde mobile.

Début 1954, il est à nouveau volontaire pour l'Indochine et se retrouve à nouveau chef de poste dans la jungle, pas très loin de Dien Bien Phû, avec une cinquantaine de Vietnamiens qui ne parlent pas Français. C'est une zone montagneuse, d'accès particulièrement difficile.

Mais des circonstances imprévisibles vont à nouveau modifier son destin. Le 7 mai 1954, DIEN BIEN PHÛ est tombé et la Commission de l'Armistice se met en place, dans la baie d'ALONG près de la frontière du Cambodge.

Cette commission est composée d'officiers de plusieurs nationalités, dont des Chinois, des Canadiens, des Polonais et un Français pour faire la liaison.

Évidemment, cette structure a besoin d'une garde pour assurer sa sécurité. On fait alors appel d'urgence à M. Julien JURQUET, comme chef de poste, qui pour l'occasion sera récupéré par moyen aérien et posé en hydravion sur le MECONG.

En octobre 1955, après 10 ans de grande mobilité, d'affectations à l'étranger et de missions opérationnelles, il est affecté en Métropole et se stabilise dans la gendarmerie, à ST-SYMPHORIEN-DE-LAY dans la Loire, puis à SAUGUES en Haute-Loire, où il devient commandant de brigade après avoir réussi l'examen d'officier de police judiciaire.

A sa retraite militaire, en août 1968, il met ses compétences et sa disponibilité au service de la mairie de BRIOUDE en entrant dans la police municipale, dont il devient le chef. Il quitte définitivement l'activité après 16 années de service civil et le grade de Brigadier-chef-principal.

Je garde le souvenir d'un homme discret, d'une extrême gentillesse et d'un sens très élevé du devoir.

Aujourd'hui, avec beaucoup de tristesse, je salue respectueusement une dernière fois Monsieur Julien JURQUET et j'assure sa famille de toute la sympathie et du soutien de la Société des membres de la Légion d'honneur.


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