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Section du Puy-de-Dôme

Photographie de la dernière activité

Hommage au Professeur Simone RAMPON, décédée le 8 avril 2018

Intervention du Professeur Jean-Louis BUSSIERE
A GELLES, le 14 avril 2018


Simone RAMPON est née le 30 avril 1924 à Prondines, petit village entre Gelles et Herment (63), où ses parents Angèle et Jacques étaient instituteurs.

Son enfance et son adolescence s'écoulèrent dans le cadre protégé des écoles publiques, successivement à Puy-Guillaume de 1926 à 1932, puis à Clermont-Fd dans le quartier de la Barrière d'Issoire, jusqu'à son admission au Lycée Jeanne d'Arc, où elle effectua toutes ses études secondaires pendant les années d'occupation.

C'est au cours des années 1944-1945, que se concrétisent ses premiers contacts avec la médecine.

L'École de médecine de Clermont-Fd se limitait aux deux premières années, le diplôme de médecin ne pouvant être décerné que par une faculté de médecine.

Comme un certain nombre d'étudiants clermontois, elle choisit Paris, où elle débarquait à la gare d'Austerlitz un matin d'octobre 1946.

Tout en poursuivant ses études à la faculté, elle se présenta aux divers concours hospitaliers. Nommée externe en 1947 et interne en médecine en 1951, la note de 17/20 en médecine lui ouvre les portes du clinicat en rhumatologie et de l'internat chez Monsieur Stanislas de Sèze « le plus bel homme de la médicale », comme on disait alors.

Nommée première femme de France agrégée de médecine en 1961 à l'ouverture de l'Hôpital Saint-Jacques, elle prit la tête du service de rhumatologie en 1970. Nommée médecin des hôpitaux et professeur à la faculté de médecine.

Elle a créé entre temps, avec son ami Monsieur Valette l'école de kinésithérapie.

Installée en libérale à partir de 1956, puis associée à partir de novembre 1967 avec Jean-Louis Bussière, elle préside l'ouverture du service de rhumatologie de l'Hôpital Gabriel Monpied, comportant 76 lits le 1er décembre 1970 en prenant le temps plein hospitalier.

En 1978, elle procède à la création de l'unité d'immunologie clinique avec Bernard Sauvezie.

Officier des Palmes académiques, chevalier de la Légion d'honneur en 1975 puis officier en 1992, elle a dirigé le service hospitalier de rhumatologie de 1970 à 1988 avec une vigilance sans défaut, tant en ce qui concerne la qualité des soins infirmiers que le suivi médical des malades, ne tolérant aucune négligence dans ce domaine.

Elle était aussi très attentive aux conditions de travail du personnel, qu'elle traitait avec une grande empathie, s'efforçant d'intervenir de tout son possible lorsque des difficultés personnelles lui étaient connues.

En fait, cette présentation de notre bonne patronne, pour ceux qui ne l'ont pas connue, ne permet en rien de rendre compte de sa personnalité.

Elle cachait un coeur d'or sous une carapace trompeuse car elle savait parfaitement jouer la colère grâce à la rudesse d'un timbre de voix impressionnant.

Elle savait tout aussi bien paralyser un jeune externe pris en défaut que soutenir des dialogues musclés avec l'administration hospitalière.

Chacun d'entre nous a été témoin d'anecdotes cocasses.

Cette vie professionnelle très bien remplie n'a pas été une vie de solitaire.

Simone Rampon adorait recevoir ses amis, surtout dans son chalet de Gelles qui a connu de nombreuses soirées amicales, orchestrées par Jacinte qui mérite toute notre reconnaissance pour les 36 ans de présence auprès de Mademoiselle Rampon, avec un dévouement sans limite jusque dans les tout derniers moments de sa vie.

Une mention spéciale doit être réservée aux filleuls de Mademoiselle Rampon, au nombre de huit garçons et filles, qui appréciaient vivement l'hospitalité de leur marraine. Chaque année, aucun n'aurait oublié les voeux du premier janvier pour leur chère marraine.

Tous ceux qui ont connu Mademoiselle Rampon conserveront son souvenir vivace et affectueux.



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