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Section du Puy-de-Dôme

Photographie de la dernière activité

Hommage à Monsieur Jean-Robert LINDRON décédé le 14 juillet 2019.

Ci-dessous le texte des interventions de trois personnalités qui se sont exprimées successivement lors des obsèques le 19 juillet 2019. La SMLH était représentée par le général (2s) Jean-Paul VARENNE-PAQUET, président de la section du Puy-de-Dôme, par le lieutenant-colonel (h) Alain HOENNER, président du comité de Riom et par plusieurs légionnaires.

1 - Monsieur Michel RIEU, maire d'AYAT-sur-SIOULE.

Mesdames, Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs,

C'est dans une profonde tristesse que nous sommes plongés aujourd'hui pour évoquer celui qui a marqué notre commune.

A l'annonce du décès de Jean-Robert LINDRON, ce dimanche 14 juillet 2019, nous avons tous ressenti une grande peine.

Jean-Robert LINDRON était un homme droit, d'une profonde honnêteté et d'une grande empathie.

Nous ne pouvons le laisser partir sans pouvoir dire l'admiration et la reconnaissance qui lui sont dues, pour les années au cours desquelles il a honorablement rempli son mandat de maire de la commune d'Ayat-sur-Sioule.

Pendant toutes ces années de 1995 à 2008, il a été constamment attentif à défendre les intérêts de sa commune et de ses concitoyens dans un esprit de solidarité et de justice.

Il aura représenté une génération d'élus municipaux, qui bien que n'ayant pas été particulièrement préparé a des fonctions de maire, a su néanmoins administrer efficacement les communes qu'il a géré.

Empreint de bon sens, dévoué à sa commune et à ses concitoyens, Jean-Robert nous laissera le souvenir de modestie, de générosité et de tolérance.

Que Jean-Robert soit remercié pour les services qu'il a rendus à sa commune d'Ayat-sur-Sioule.

Aujourd'hui 19 juillet 2019, je tiens a retracer le parcours méritant au service des autres de Jean-Robert LINDRON.

Aussi, vous le comprendrez, en ce jour de deuil, j'ai le sentiment profond de ne pas m'exprimer seulement en mon nom, mais de parler au nom de tous les citoyens de notre commune, de celui des anciens élus, des nouveaux élus et du personnel communal.

Enfant des Combrailles auquel il restera toujours très attaché, Jean-Robert Lindron est né le 20 décembre 1923 à Teilhet (63).

Seize ans plus tard et après de solides études secondaires, il sera brillamment reçu à l'école normale de Clermont-Fd. Mais la guerre gronde dans un fracas d'armes, de bruits de bottes et met un terme a ses études jusqu'en 1942.

La France de Pétain, la montée du nazisme deviendront vite intolérables pour le jeune homme profondément humaniste et épris de liberté.

De convictions déjà bien ancrées le feront très vite rejoindre les rangs de la Résistance. Il sera FFI de 1942 à 1944, où il s'illustrera pour son courage et sera nommé lieutenant cette même année : le « lieutenant Robert ». Il poursuivra son activité militaire jusqu'en 1944.

Des faits de Résistance qui lui vaudront un certain nombre de distinctions.
- Médaille des évadés,
- Croix du combattant,
- Croix du combattant volontaire,
- Croix du combattant de moins de 20 ans.

Jean-Robert Lindron n'a jamais oublié cette période et militera au sein du Comité d'union de la Résistance en Auvergne (CODURA) pour en devenir le président.

Rendu à la vie civile, il se consacre à son métier d'enseignant étant successivement instituteur, directeur de CEG, principal de collège et proviseur de lycée.

Par son sens de l‘intérêt général, sa volonté d'oeuvrer pour le bien commun, il devient adjoint au maire de Pontgibaud en 1966, puis premier magistrat de cette commune de 1971 à 1995.

Il sollicite alors un mandat sur la commune d'Ayat-sur-Sioule, où il avait choisi de passer sa retraite, certes bienvenue mais néanmoins active. Son dévouement sincère, ses qualités de gestionnaire avisé, son souci permanent d'équité et de justice sociale, sa profonde humanité en ont fait un élu accessible à l'écoute de tous et proche du terrain.

Il sera maire d'Ayat-sur-Sioule jusqu'en 2008. Période où il rendra notre commune agréable à vivre grâce aux nombreux aménagements réalisés.

Quelques unes de ses réalisations :
- Aménagement du bourg,
- Agrandissement et rénovation de la salle des fêtes,
- Construction d'un atelier,
- Réfection de la mairie,
- Restauration de l'église.

En 2000, en tant que président des amis du général Desaix, il rend hommage au général Desaix pour le bicentenaire de sa mort, en présence de la quasi-totalité des notabilités départementales et régionales ainsi qu'en présence du ministre de la Défense, Monsieur Alain Richard et du Prince Napoléon, entre autres.

Jean-Robert Lindron s'investira sans compter et avec une énergie hors du commun dans un parcours public très dense.

Il sera récompensé par de nombreuses distinctions :
- Chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur et depuis juillet 2009 officier dans l'ordre de la Légion d'honneur qui vient honorer un homme de grande valeur,
- Chevalier des palmes académiques,
- Médaille régionale départementale et communale (argent vermeil, or),
- Médaille d'honneur de la jeunesse et des sports,
- Président du Comité d'Union de la Résistance en Auvergne (CODURA),
- Président du SIVOM,
- Vice-président du SMADC,
- Vice-résident de Sioule-et-Morge,
- Vice-président de la Communauté de communes Coeur-de-Combrailles,
- Membre de la commission départementale des CCAS,
- Délégué départemental de l'Éducation nationale,
- Président fondateur du syndicat Dôme-et-Combrailles,
- Administrateur de la SEMERAP,
- Président de l'association touristique de Pontgibaud.

De nombreux titres sont relatifs à ses passions : la chasse et la pêche.
- Fondateur et président de la société de chasse d'Ayat-sur-Sioule pendant de nombreuses années,
- Élu Président de la Fédération des chasseurs du Puy-de-Dôme de 1991 à1997,
- Membre du Comité d'administration de l'office National de la chasse,
- Président de la société de pêche de Pongibaud.

Jean-Robert a été un meneur d'équipe et un fédérateur. Il avait un esprit de synthèse qui lui permettait d'aller directement à l'essentiel. Il savait regrouper les idées en prenant toujours de la hauteur pour arriver à des conclusions claires.

Je ne peux passer sous silence le rôle essentiel de son épouse Ginette qui l'a soutenu et assisté dans ses divers engagements. Son décès en 2015 l'a beaucoup perturbé. Il quitta Ayat pour aller vivre à Chamalières et se rapprocher de ses enfants.

Je tiens aujourd'hui à rendre à Jean-Robert l'hommage à la hauteur de ce qu'il a réalisé et donné à ses concitoyens en associant à cet hommage toute sa famille, ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Merci Jean-Robert.


2 - Monsieur Jean MICHEL, maire de LAPEYROUSE, ancien député.

Cher Gilles, chère Éliane, chère Éveline,
A vous tous, ses petits-enfants, arrière petits-enfants et proches,
Mesdames et Messieurs,

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ».
Le chant des partisans était le sien.
Lui, le jeune résistant à peine âgé de 20 ans, qui va s'opposer avec toute sa jeunesse, sa force et toutes ses convictions, à l'envahisseur. La République renaissante était en lui.

Un homme, un roc qui avait, on s'en doute, une véritable colonne vertébrale, des convictions fortes, celle de l'esprit de la République, Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité, qui admettait la contradiction, à condition qu'elle soit étayée sur des bases saines et argumentées.

Cher Jean-Robert, tu étais à ce que l'on dit indestructible et pourtant tu viens de nous quitter, il est vrai un 14 juillet, nous laissant bien seuls.

A tes côtés, nous avons tout appris, de la volonté d'agir, à la justesse du propos et de l'action. Tu n'admettais point l'hypocrisie et le mensonge, et nul doute que si tu avais été à mes côtés ces deux dernières années, tu n'aurais pas manqué de fustiger les imposteurs et les menteurs d'un trait sanglant.

Tout ce que tu touchais prenait forme entre tes mains et rien n'était laissé au désintérêt et à l'abandon.
Il en est ainsi de tous tes loisirs, que ce soit la pêche ou la chasse, de l'exercice de ta profession d'enseignant, de ta vocation d'élu au service de tes concitoyens, au cours de tes longues années à Pongibaud et à Ayat-sur-Sioule, et dans ton action éclairée dans le cadre de la Résistance.
Tu ne laissais jamais rien au hasard. Cinquième garçon d'une famille qui vit ta mère rester seule, alors que tu n'étais âgé que de 6 mois.

Après l'école primaire et secondaire à Chaville (78), près de Versailles, la guerre venue vous vous replièrent dans le Puy-de-Dôme, où tu fis tes études pour devenir enseignant (Lycée puis Faculté).

Après « les péripéties de la Guerre », ton premier poste fut à Saint-Étienne-des-Champs (63), où tu appris à la fois le plaisir de la pêche et de la chasse, le temps heureux disais-tu avec ton épouse (Gilles venait d'arriver !).

A titre confidentiel, chacun doit savoir que non pêcheur au départ, tu revenais souvent bredouille, alors que le voisin pêcheur émérite avait un malin plaisir à te faire voir devant ton domicile, les trois ou quatre truites qu'il venait de prendre. L'apprentissage fut de courte durée. Au bout de quelques semaines, tu fis une prise exceptionnelle de huit truites que tu alignas consciencieusement devant l'école, où le voisin passait chaque fois à son retour de pêche. Il ne put que constater les progrès et ne plus passer te voir pour te montrer ses prises.

Chasseur émérite, avec « Malika » comme compagnon de chasse, spécialiste du tir précis et rapide, on mettait chaque fois à tes côtés les nouveaux arrivés dans la traque, tu étais celui qui ne négligeait rien et qui n'attendait pas pour tirer. Souvenir, souvenir qui n'a pas entendu tes cris, « tire Michel, tire Michel, tire » et le coup sec qui intervenait alors, l'animal abattu ne laissant pas le temps à ton voisin de traque de tirer !!! C'était toi le tireur, exigeant en tout, encore plus dur avec toi-même, que tu ne pouvais l'être avec les autres.

Mais après l'école primaire vint vite le temps, sur proposition de l'inspecteur d'académie de prendre la direction du cours complémentaire de Pongibaud, où tu t'illustras une nouvelle fois dans l'apprentissage du savoir à des élèves parfois récalcitrants et qui ont un immense respect pour toi et même une véritable admiration.

C'était le temps où l'on disait « Si tu ne veux rien appendre, on t'envoie chez Lindron ».
Il faisait signer une décharge aux parents et nombreux sont ceux qui lui doivent d'être des hommes et des femmes reconnus pour leur compétence, leur honnêteté et leur savoir aujourd'hui.

Un ami de Jean-Robert, chasseur, m'a adressé d'Espagne ce mot d'un ancien élève, trouvé sur Internet.
Jean-Robert Lindron.
Ce nom ne dit rien aux jeunes.
Ce nom est simple comme celui qui le portait et qui vient de mourir à 95 ans.
Et pourtant « Bébert » était un grand homme, un très grand.
Héros de la Résistance, principal de collège, maire, président de la Fédération des chasseurs du Puy-de-Dôme.
Il a éduqué, mis sur le droit chemin, inculqué les valeurs de respect, de travail, d'autorité à des générations de jeunes au collège de Pongibaud.
Merci Monsieur Bébert.
J'entends encore votre voix nasillarde « animal, viens me voir » quand j'avais laissé tomber un papier dans la cour du collège. Je ressens encore votre main agripper les petits cheveux courts au-dessus de l'oreille pour me faire respecter le règlement...Et j'ai encore mal au souvenir de la seule et unique claque que vous m'avez appliquée.
Merci Monsieur Lindron.
Grâce à vous je suis devenu un homme respectueux et honnête.
Des Bébert, notre société en a grand besoin.
Je crois même qu'elle le demande.

Bébert était passé par là avec son épouse qui faisait les repas pour tous : Jean-Robert, surveillants, enseignants et élèves. Bébert se chargeant en plus d'aller faire les courses au marché de Fontgiève à Clermont-Fd, de très bonne heure, étant revenu pour faire son cours de maths à huit heures.

Principal de collège, il finira sa carrière d'enseignant comme proviseur à Gannat, enseignant respecté, on ne plaisantait pas avec la discipline, ni avec l'apprentissage du savoir. Il savait se faire aimer et respecter des plus récalcitrants.

On imagine très bien qu'un tel parcours ne pouvait rester indifférent à la prise de responsabilité communale. Tout d'abord à Pongibaud de 1966 à 1995, où il fut adjoint de 1966 à 1971, et maire de 1971 à 1995, c'est-à-dire élu pendant 29 ans à la commune de Pongibaud, dont à la fin, il était principal de collège.

Il devait appliquer le principe qui était le sien et qu'il a su transmettre : « dire ce que l'on fait et faire ce que l'on a dit », chacun devrait s'en inspirer.

Agissant avec compétence, rigueur et justice, l'action menée ayant été rappelée par Messieurs les maires, il y a quelques instants.

Retraité, il se dirigea alors sur sa commune d'Ayat-sur-Sioule où les habitants voulurent qu'il reprit du service de 1995 à 2008, transformant cette petite commune rurale lors d'une réception ministérielle pour le bi-centenaire de la mort de DESAIX en l'an 2000. Tout est parfait, tout est fait dans la très grande qualité.

Jean-Robert peut être fier de son action comme le sont les habitants d'Ayat-sur-Sioule de leur commune et de leur maire.

Il reste le Résistant.

Toutes les actions ci-avant décrites lui avaient déjà valu d'être chevalier des Palmes académiques, titulaire des différentes médailles régionales, départementales et communales dans le dernier grade or.

De par sa compétence, de par sa rigueur Jean-Robert fit entrer sa commune au syndicat de Sioule-et-Morge, devant les nécessités d'investissements très importants de modernisation de réseau, apportant dans la corbeille le captage de Cheire-de-Côme, première étape de l'adhésion future de la commune de Saint-Ours-les-Roches, en devint le premier vice-président, et alors qu'il était le responsable de l'action touristique de la Sioule, il fut membre fondateur du Syndicat mixte pour l'aménagement et le développement (SMAD) des Combrailles dont il laissa en 1985 la présidence à un jeune élu et ami reconnaissant.

En de très rares occasions, il lui arrivait de se tromper, parfois par générosité, recommandant « un tel » ou « une telle » qui ne manqua pas de trahir sa confiance.

A la même époque, il devint le président reconnu de la Fédération des chasseurs du Puy-de-Dôme de 1991 à 1997, alors qu'il était administrateur depuis 1978, sous l'égide de son ami le Bâtonnier Bourdier.

Mais la Résistance fut récompensée par l'attribution de la Légion d'honneur au grade de chevalier le 12 mars 1990, puis au grade d'officier le 28 novembre 2009.

Qui ne se rappelle les moments émouvants de la première remise de la médaille de chevalier en présence de Monsieur Michel Charasse, ancien ministre, son ami. Qui eut cru de voir poindre sur le visage de l'intéressé quelques larmes, lorsqu'il parla de son action dans la Résistance et de ses camarades si tôt disparus. Lui, l'inflexible, le dur à la douleur, le très courageux républicain.

Devrais-je reprendre les mots du président de la République, le 13 octobre 1993, pour le cinquantenaire de la création de la médaille de la Résistance « Nul n'attend de vous et je l'attends moins que quiconque, que vous renonciez à votre diversité, d'ailleurs s'y essayer serait vain, ou à vos affinités, ce qui fait que l'on se sent plus proche des uns ou des autres. Mais rappelez-vous que ce qui nous réunit aujourd'hui et toujours, c'est la volonté qui s'est imposée en un moment particulier de notre histoire, de rassembler sous les mêmes couleurs, ceux qui en quelque lieu qu'ils fussent, avaient refusé la servitude ». Que de sensibilité, de justesse et de tolérance dans le propos présidentiel.

Comme Jean-Robert, ses camarades Résistants ont su se lever alors que notre pays était occupé pour recouvrer la Liberté dont nous jouissons encore en ce jour.

Il nous appartient de faire revivre ce souvenir, ce qui fut fait localement avec la participation et la création des chemins des sites de la Résistance et alors qu'il était président du Comité d'Union de la Résistance en Auvergne (CODURA) et vice-président de la Communauté de communes Coeur de Combrailles, maître d'ouvrage. La voie est tracée dans la grandeur et le souvenir de ceux qui ont sacrifié leur vie pour que nous vivions libres.

Cher Gilles, chère Éliane, chère Éveline, chers enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants, à vous toutes et tous de sa famille :

Tous nos concitoyens vous présentent leurs très sincères condoléances devant la disparition de ce très grand républicain et résistant.


3 - Monsieur Jean-Pierre OUACHEM, maire de PONGIBAUD.

Mesdames et Messieurs les représentants des administrations centrales,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Nous sommes aujourd'hui réunis pour rendre hommage à Monsieur Jean-Robert LINDRON, et ce ne sera pas simple, tant sa vie aura été riche sur le plan familial, professionnel et enfin plus particulièrement pour ce qui me concerne, pour la partie publique de la période gibaldipontine.

Comme cela a été indiqué précédemment, Jean-Robert LINDRON est né le 20 décembre 1923 à Teilhet (PdD), dans une famille de cinq enfants dont il est le cadet. Abandonné par son père à l'âge de six mois, comme toute la famille, il devra très rapidement prendre ses responsabilités.

Avec Ginette, son épouse ils ont eu deux enfants Gilles et Éliane, quatre petits enfants Magalie, Bertrand, Laurence et Maud, et huit arrière-petits enfants Paloma, Roméo, Agathe, Armand, Eugénie, Émeric, Candice, et Clément. Une belle et grande famille. Nos pensées les accompagnent.

Très bon élève, le jeune Jean-Robert envisage une carrière dans l'enseignement et intègre l'École normale d'instituteurs de Clermont-Ferrand. Mais la seconde guerre mondiale l'amènera rapidement, dès 1942, à rejoindre la résistance pour participer à la lutte pour la libération du pays sous la dénomination de « Lieutenant Robert ».

Après la guerre il reprend ses études et obtient sa première nomination d'enseignant à l'école de Saint-Étienne-des-Champs en septembre 1947.

Il me confiera, lui qui était passionné de chasse et de pêche que c'était un peu le paradis sur terre, la nature ayant été préservée dans nos campagnes des Combrailles durant la guerre.

Son destin va basculer une première fois en septembre 1955. L'inspecteur de l'Éducation nationale lui propose de prendre la direction du Cours complémentaire de Pontgibaud. La proposition prenant plutôt la forme d'une injonction, il se résout à l'accepter.

Avec la construction d'un nouveau bâtiment dans les années 64/65, le Cours complémentaire deviendra Collège d'enseignement général et la réputation de son principal va s'étendre bien au-delà de son aire de rayonnement habituel. L'établissement disposant d'un internat, beaucoup d'élèves dits « turbulents » de l'agglomération clermontoise lui seront confiés. A cette époque, et sous sa direction, la discipline était de rigueur, et dans le cas contraire on risquait fort de se faire saisir par la joue et de se voir qualifier d'animal pour rentrer dans le rang. Parmi les milliers d'élèves qui l'ont eu comme directeur, je n'en ai jamais rencontré un seul qui lui en garde rigueur.

Rapidement intégré dans la vie locale, il va s'investir dans le tissu associatif. D'abord dans l'Amicale laïque avec en point d'orgue la rénovation d'un bâtiment situé en plein centre ville, dont il assurera le financement par des manifestations régulières durant des années.

Toujours passionné de chasse et de pêche, il va créer la société de pêche « La Gibaldipontine » en faisant signer les baux aux riverains, principalement des agriculteurs, en contrepartie d'une location annuelle basée sur la longueur des berges. Une nouveauté dans la région.

Compte tenu de ses qualités de gestionnaire, de sa notoriété de directeur à «  poigne », des associations ci-dessus évoquées, il est sollicité pour intégrer le Conseil municipal, et il deviendra adjoint de Fernand ANDANT de 1965 à 1971.

Lors des municipales suivantes, en mars 1971, il est facilement élu maire, mais sa situation professionnelle va à nouveau interférer avec sa vie publique. Il obtient en effet la direction du Collège de Senonches (Eure et Loir).

En raison de l'éloignement, il propose alors de démissionner de son poste de maire, mais l'ensemble du Conseil rejette cette possibilité et il continuera donc à gérer la commune avec ses adjoints, et des déplacements réguliers.

Trois ou quatre ans plus tard, il obtiendra, pour sa fin de carrière, le double poste de principal du collège et proviseur du Lycée de Gannat (au total plus de 1 000 élèves), poste qui le rapprochera de sa mairie.

Jean-Robert LINDRON est facilement réélu en 1977, puis en 1983, et enfin en 1989.

Durant ces années il participe activement à l'intercommunalité dans le cadre des syndicats intercommunaux (ancêtres des communautés de communes) : le SITCOM de Pontaumur/Pontgibaud (collecte des ordures ménagères), le SIVOM de Pontgibaud (ramassage scolaire et aide ménagère à domicile), le Syndicat Dômes-et-Combrailles (tourisme), le SIAEP de Sioule-et-Morge (gestion de la ressource en eau potable), la SEMERAP (distribution de l'eau potable), le SMAD des Combrailles, Il assurera la présidence de plusieurs de ces syndicats et de nombreuses vice-présidences.

En 1995, ne disposant plus de logement à Pontgibaud et sans doute un peu lassé par les transports, il décide de ne pas se représenter, ignorant encore qu'il n'en a pas fini avec la fonction de premier magistrat et qu'un nouvel épisode est en préparation du côté d'Ayat-sur Sioule.

Pour tous ceux qui l'ont connu et côtoyé, Jean-Robert LINDRON a été et demeurera dans nos mémoires un grand gestionnaire.

Le nombre de réalisations sous son mandat est particulièrement impressionnant. Cela commence avec l'achèvement de la poste, la construction de l'école, de la gendarmerie, la réalisation de deux lotissements (une soixantaine de lots) pour enrayer le déclin démographique, le terrain de sports et les vestiaires, le rachat du camping et son réaménagement, la salle polyvalente, la zone d'activités, la station d'épuration et le raccordement du réseau d'assainissement, l'agrandissement du cimetière, l'aménagement de la place de la République, la réfection de la mairie, et j'en oublie sans doute

Son dernier programme, à l'heure de la fin de son mandat, concernait la réfection de l'église. Les accords de subventions obtenus, il laissera le choix à son successeur de lancer le programme ou de l'annuler. Bel exemple de sa conception de la démocratie et de la gestion communale.

D'autres décisions ne concernant pas les bâtiments vont profondément impacter la vie locale :

La décision d'adhérer au Syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable des communes de Sioule-et-Morge, à un moment ou la ressource en eau de la commune devient problématique et la construction d'un château d'eau indispensable.

La demande de création d'une déviation pour soulager la circulation en centre-ville en période estivale et atténuer le risque d'accident grave, à l'image de ce camion aux freins défaillants, qui emportera la fontaine de la place de la République et s'encastrera dans la façade des Mutuelles du Mans.

Et bien sûr, parce que dans son esprit il ne pouvait pas en être autrement, toutes les réalisations financées par la commune ont obtenu le maximum de subventions possibles.

Très souvent, en évoquant ces travaux, il s'étonnait, malicieusement de les avoir menés à terme et il avait l'habitude de dire, avec un grand sourire que c'était plutôt pas mal pour « une petite commune de 750 habitants ». Les anciens s'en souviennent sans doute

Les communes d'Ayat et de Pontgibaud perdent aujourd'hui un grand « Monsieur » à l'action exemplaire, au jugement pertinent, qui lui faisait également dire avec un certain sourire «  je me trompe rarement, pour ainsi dire pratiquement jamais ».

Aujourd'hui et pour toujours, je confirme que dans la gestion de la commune de Pontgibaud, il ne s'est pas égaré.

Pour tout ce qui précède une seule phrase, un seul mot, mais en lettres capitales :

MERCI JEAN-ROBERT.



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