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Section du Puy-de-Dôme

Photographie de la dernière activité

Hommage à Monsieur Jean CORNIEAU, décédé le 19 janvier 2020 à 94 ans.

Ci-dessous le texte de l'allocution prononcée le 25 avril 2015 par le général (2s) Jean-Paul VARENNE-PAQUET, à l'occasion de sa réception dans l'ordre de la Légion d'honneur.

Nous sommes réunis aujourd'hui, pour la cérémonie de réception dans l'ordre de la Légion d'honneur de Monsieur Jean CORNIEAU, suite au décret particulier du président de la République du 7 novembre 2014, relatif au 70e anniversaire des débarquements et de la Libération.

La Légion d'honneur est la plus élevée des distinctions nationales. Elle récompense des mérites éminents acquis au service de la Nation, à titre civil ou militaire et dans tous les secteurs de l'activité.

Elle a été créée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte, Premier consul. Elle a traversé le consulat, deux empires, deux restaurations monarchiques et cinq républiques.

En ce qui concerne le protocole, l'inscription au décret ne suffit pas. La décoration n'est acquise qu'à partir du jour de la remise, selon un cérémonial officiel obligatoire, auquel nous allons procéder aujourd'hui.

Monsieur Jean CORNIEAU est né le 9 novembre 1925 à AUTUN en Saône-et-Loire, puis son enfance se déroule ici même, à PESCHADOIRES. Il y obtient son certificat d'études à 12 ans puis il poursuit des études qui seront malheureusement contrariées par la présence de l'occupant, à partir de novembre 1942, et la menace du Service du travail obligatoire, à partir de 1943.

En raison de son apparence plus jeune que son âge, il commence ses premières activités de résistant, notamment en distribuant des journaux clandestins et en aidant à la fabrication de faux papiers, grâce à ses talents de photographe et à l'appareil photo qu'il avait reçu en cadeau à l'occasion de son certificat d'études. Ses états de services, établis après la guerre reconnaissent officiellement qu'il fait partie d'un réseau de résistance de CLERMONT-FD, à partir du 28 novembre 1943.

Le 26 mai 1944, il entre dans le Maquis de RENAISON (Loire).

Progressivement, les maquis se structurent en Forces Françaises de l'Intérieur. Monsieur Jean CORNIEAU est incorporé au FFI de BOURGOIN (Isère), le 2 octobre 1944, et il participe à toutes les opérations de son groupe : AMPLEPUIS, CHARBONNIERES, SAINTE-CONSORCE, TASSIN, LA DEMI-LUNE et à la libération de la ville de LYON, le 3 septembre 1944.

En raison de son excellent comportement et de son aptitude avérée pour le commandement, il est amis à l'École des cadres de SAINT-GENIS-LAVAL, près de LYON, le 15 janvier 1945 et en sort le 15 avril 1945 avec le grade de sergent.

Il est aussitôt affecté à la 12e compagnie du 3/6e Régiment de tirailleurs marocains, de la 1ere Armée du Général DE LATTRE, avec laquelle il entre sur le territoire allemand le 17 avril 1945.

Le 24 avril 1945, alors que la défaite allemande est toute proche, à BELHA, village au sud de DONAUESCHINGEN, dans le land de BADE-WURTEMBERG, le 3/6e Régiment de tirailleurs marocains est opposé à un ennemi particulièrement agressif de la 19e Armée du général von OPPEN.

Les combats sont acharnés. Le village de BELHA est incendié. La 12e compagnie est encerclée et les combats se poursuivent pendant toute la nuit.

Au matin du 25 avril, la situation est critique. Des tirailleurs commencent à décrocher sans en avoir reçu l'ordre.

Le sergent CORNIEAU, sous-officier à la disposition du commandant de compagnie, se porte à l'endroit le plus fragile, contraint les tirailleurs à ne pas décrocher, reprend le combat et commande un assaut baïonnette au canon, qui oblige l'ennemi à se replier, ce qui met fin à l'encerclement de la compagnie. Dans la foulée, le régiment reprend l'offensive avec le renfort d'engins blindés.

Avec son unité, le sergent CORNIEAU continue le combat contre les forces allemandes jusqu'en territoire autrichien, où il entre le 5 mai 1945, à deux jours de la capitulation allemande.

Rengagé pour trois ans le 21 août 1945, il reste en Autriche jusqu'en septembre 1945, au titre des forces d'occupation. Ensuite il accompagne le retrait de son régiment, avec plusieurs étapes, plus ou moins longues, à BESANCON, BRIANCON et MARSEILLE, jusqu'à MARRAKECH, où le régiment est dissous le 30 avril 1946. Il résilie alors son contrat pour se consacrer à une carrière civile très dynamique.

Le 3 juin 1952, il épouse à LYON Adèle NOURY, à qui je présente mes respectueux hommages et avec qui Monsieur Jean CORNIEAU fonde une merveilleuse famille, rassemblée aujourd'hui, et que j'ai beaucoup de plaisir à saluer.

Aujourd'hui, 25 avril 2015, jour pour jour, nous commémorons le 70e anniversaire des combats du 24 et du 25 avril 1945 autour de BELHA et qui sont pour le sergent CORNIEAU le souvenir le plus marquant de sa participation à la Deuxième guerre mondiale et la raison du choix de la date d'aujourd'hui.

En effet, au cours de ces combats, la 12e compagnie du 3/6e Régiment de tirailleurs marocains, a perdu le tiers de ses effectifs, alors que les troupes commandées victorieusement à l'assaut par le sergent CORNIEAU n'ont eu aucune perte.

Pour cette action exceptionnelle du 25 avril 1945, alors qu'il n'a pas encore vingt ans, le sergent CORNIEAU reçoit la Croix de guerre 1939-1945, avec une citation à l'ordre de la division.

Aujourd'hui 25 avril 2015, 70 ans après, jour pour jour, en tant qu'officier général né après la guerre et en tant que président de la Section du Puy-de-Dôme de la Société des membres de la Légion d'honneur, je suis très honoré et très fier de remettre l'insigne de chevalier de la Légion d'honneur au sergent CORNIEAU.




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