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Section du Puy-de-Dôme

Photographie de la dernière activité

Hommage à Monsieur Georges GARRET, décédé le 4 février 2020 à 96 ans.

Ci-dessous un extrait du texte prononcé par le général (2s) Jean Nichon, président du comité d'Issoire, lors des obsèques le 7 février à l'église Sainte-Foy de Molompize (15).

Faisons mémoire de Georges GARRET, l'un de ceux à propos desquels le général Leclerc a écrit :  «...nos hommes ont été splendides. Maintenant nous pouvons disparaître, la tâche est remplie ...». Votre parcours symbolise celui de la France libre d'après 1942, avec son point de départ nord-africain.

Né il y aura bientôt 96 ans en Bretagne, c'est en Tunisie en 1943 où réside votre famille que vous vous rejoignez à 19 ans, les Forces de la France Libre et les rangs du 1er bataillon du 3e Régiment d'artillerie coloniale. En Tripolitaine, puis au Maroc via l'Algérie, le jeune canonnier est équipé et instruit sur les matériels américains. Il rejoint la Grande-Bretagne où il peaufine son entraînement avant de débarquer en Normandie à Utah Beach, le premier jour d'août 1944 avec la Division Leclerc. Avec vos compagnons d'armes de la 2e Division blindée, vous écrirez alors l'épopée de ceux qui ont placé leur pays et son honneur au dessus de tout.

Enchaînant la rude campagne de Normandie passant par Alençon qui ouvrira la marche vers Paris et sa libération les 25 et 26 août, premier point d'orgue. C'est « toujours en galopant » selon l'expression de Leclerc que l'on vous retrouve dans les Vosges, en Alsace dans la « charge vers Strasbourg » où les « belles couleurs » flotteront sur la cathédrale le 23 novembre 1944, selon les termes du serment de Koufra fait en mars 1941.

Transporté vers la poche de Royan en avril où les Allemands verrouillaient encore le littoral, vous n'aurez pas droit à la montée vers le nid d'aigle d'Hitler, mais rejoindrez les « gars de Leclerc » en Allemagne. L'« ardant bigor » (soldat de l'artillerie de marine) qui se distingue également par son calme et sa témérité, sauvera sous le bombardement, l'équipage d'un char en feu et se verra attribuer la Croix de guerre 1939-1945 avec une citation à l'ordre de la division en décembre 1944.

L'initiative et le courage lui vaudront une deuxième citation à l'ordre de la brigade aux portes de Strasbourg tandis que sous des tirs d'artillerie violents, il maintient la position-clé d'observation de son char, pour permettre la manoeuvre.

Brigadier-chef brillant, empreint du style de la 2e DB, il est incité à passer le concours de l'École des élèves-aspirants de Coëtquidan qu'il réussit et rejoint en juillet 1945. N'y retrouvant pas l'esprit mythique de sa Division, il décide de retourner à la vie civile. Il est nommé sous-officier. Démobilisé en mai, il rentre en Tunisie.

Shipchandler, il oeuvre au port de Tunis-La Goulette, épouse Marie-Jeanne en 1953. Fidèle à l'esprit Leclerc et à la nécessité de prolonger l'action au service du pays, fort de deux années ininterrompues de campagne, il rallie une structure militaire de réserve, est promu Lieutenant.

Jusqu'en 1968, iI encadrera des jeunes prémilitaires tout en restituant à l'institution une incomparable expérience de combattant. En 1957 il rapatrie sa famille à Martigues où, jusqu'à la retraite, fort d'une grande capacité d'adaptation, il mettra son expérience au service des ressources humaines d'une grande entreprise de pétrochimie. Il se retire dans le Cantal à Molompize.

Adoubé chevalier de la Légion d'Honneur en 1969, il est membre puis vice-président du comité d'Issoire de la société des membres de la Légion d'honneur.




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