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Section du Puy-de-Dôme

Photographie de la dernière activité

Monsieur Raymond HEUX est décédé le 19 août 2021 à 93 ans. Ses obsèques ont eu lieu le 24 août 2021 à l'église d'Échandelys.

Le 27 août 1944 (dans sa 17e année), par régularisation de son engagement dans les Forces françaises de l'intérieur, il s'engage pour la durée de la guerre et participe aux combats pour la libération de la France, puis à l'occupation de l'Autriche.

Rengagé, il effectue deux séjours en Indochine, entrecoupés par un séjour en Allemagne, comme spécialiste des transmissions.

En novembre 1953, il quitte l'armée de terre avec le grade de sergent-chef et en avril 1954 il poursuit sa carrière militaire dans la gendarmerie.

En 1960, il devient officier de police judiciaire. Promu adjudant-chef le 1er janvier 1973, il est nommé sous-lieutenant le mois suivant.

Comme officier, il sert à Chambéry et à Clermont-Fd. Promu capitaine en 1979, il quitte l'armée d'active en décembre 1981.

En 1983, il est élu maire d'Échandelys (63) et continue à servir la gendarmerie dans la réserve jusqu'en 1988. Promu chef d'escadron. Il est réélu maire jusqu'en 2008.

Chevalier de la Légion d'honneur en 1993. Médaille militaire en 1960. Chevalier de l'ordre national du Mérite en 1978. Croix du combattant volontaire.

Ci-dessous le texte de l'hommage de Monsieur André CHASSAIGNE, lu par Monsieur Eugène REVERBERI, président du comité d'Ambert de la Société des membres de la Légion d'honneur.

Chers amis,

Un déplacement hors du département ne me permettant pas d'être présent pour les obsèques de Raymond Heux, j'ai souhaité écrire ces quelques mots que notre ami commun, Eugène Reverberi, a bien voulu accepter de lire.

Merci à Eugène, notre Président du Comité d'Ambert de la Société des Membres de la Légion d'honneur, dont Raymond était membre, promu officier dans l'Ordre national de la Légion d'honneur pour les services rendus à notre République dans ses diverses fonctions. Non seulement comme élu, adjoint puis maire d'Échandelys, mais aussi pour ses remarquables états de service comme militaire.

Un quart de siècle de mandat local à la suite d'une carrière marquée par quatre campagnes en Autriche, en Indochine et en Allemagne, puis un engagement dans la gendarmerie nationale, où il a gravi les échelons de simple gendarme en brigade territoriale jusqu'au grade de chef d'escadron, à sa fin d'activité, au groupement de la gendarmerie départementale du Puy-de-Dôme.

C'est ce parcours, fruit d'une forte volonté de progresser et de son goût du commandement, qui a forgé l'homme que nous avons connu.

Raymond ne voulait pas d'une retraite inactive. Et je le comprends ! Aussi s'était-il rapidement investi au sein de la municipalité d'Échandelys auprès de mon camarade Roger Dichamp. A ses côtés, il a fait preuve d'une fidélité sans failles.

Je ne sais pas laquelle de ces deux personnalités si différentes influençait l'autre, mais j'ai fait le constat que durant ses dernières années Raymond nous a doublé sur notre gauche, porteur d'une radicalité quasi maoïste contre notre système social. Une façon bien involontaire de justifier toujours davantage le surnom de « grand timonier » que je lui avais attribué à sa prise de fonction de maire.

Cette fonction, il l'a assumée avec sa forte personnalité. Je sais que son caractère bien trempé et son formatage professionnel ont pu durcir ses relations et froisser certains concitoyens. Mais chacun d'entre nous agit comme il s'est construit et ne fait pas forcément dans la dentelle !

Restent le bilan d'une vie bien remplie et les engagements du quotidien. Restent les services rendus à la collectivité et le souffle donné à la vie communale. Restent les investissements effectués : en particulier, parmi d'autres réalisations, la rénovation de la mairie et de la salle des fêtes, dont il était si fier, la remise en état de l'église endommagée, sans oublier la traverse du bourg.

Resteront aussi pour ses proches les années de combat qu'il a conduites contre la maladie, avec le courage d'un sacré bonhomme qui ne s'en laissait pas compter et gardait la plume tenace, sans concessions quoique difficile à déchiffrer pour les destinataires dont j'étais !
Tel le roseau de la fable, il se disait, j'en suis certain, « Je plie et ne romps pas ».

Certes, le chêne qu'il était est aujourd'hui déraciné. Mais la sève qu'il a su insuffler a continué à irriguer la commune avec le relais si bien assumé, avec leur style propre, d'abord par Michèle Dutour puis aujourd'hui par son fils Christian, tous deux dévoués pour le bien commun.

Que toute la famille soit assurée de mon soutien amical dans ces moments si douloureux. Avec une pensée plus particulière pour vous, Yvonne, qui avez partagé son chemin de vie.

Un chemin plutôt sinueux au gré des mutations jusqu'à notre belle terre du Livradois où Raymond va reposer au coeur de ce village auquel il a tant donné.




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