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Section du Puy-de-Dôme

Photographie de la dernière activité

Les obsèques du commandant André BIBEYRAN ont eu lieu le 9 avril 2022 à l'église de Lezoux.

Ci-dessous le texte de l'hommage du général (2s) Jean-Paul VARENNE-PAQUET, président de la section du Puy-de-Dôme de la SMLH.

Le commandant André BIBEYRAN vient de nous quitter dans sa 92e année.

Il n'était pas possible de le laisser partir, sans lui rendre un hommage public au regard de son parcours exceptionnel.

Je prends la parole en tant que président de la section du Puy-de-Dôme de la Société des membres de la Légion d'honneur.

Le commandant André BIBEYRAN a été fait chevalier de la Légion d'honneur au titre de la promotion du 1er janvier 1962.

Recevoir la Légion d'honneur en janvier 1962, pour un officier en activité, signifie que c'est à titre militaire, puisqu'à cette date les hostilités en Algérie ne sont pas terminées, et à l'âge 32 ans, c'est tout à fait exceptionnel.

La Légion d'honneur est la plus élevée des distinctions françaises et l'une des plus connues dans le monde entier. Elle a été instituée en 1802 par Napoléon Bonaparte, Premier consul. Elle est un ordre à la fois militaire et civil.

Depuis plus de deux siècles, elle a traversé tous les régimes, toutes les guerres et toutes les crises que la France a connus.

Elle est intemporelle, parce qu'elle touche a quelque chose d'essentiel dans la vie des nations, bien au-delà des mutations politiques, sociétales et technologiques.

Elle est un symbole fort, reconnu et fédérateur. Elle est profondément ancrée dans la société française, dont elle est un marqueur puissant.

Le commandant André BIBEYRAN est également titulaire d'autres décorations prestigieuses : officier de l'ordre national du Mérite, croix de la Valeur militaire avec deux citations, Médaille de l'aéronautique, Croix du combattant.

La vie du commandant BIBEYRAN, c'est avant tout celle d'un aviateur, d'abord militaire, puis civil.

Sa passion pour l'aéronautique lui vient très tôt. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il est à Bordeaux et il est captivé par les forteresses volantes des Alliés, qui survolent la ville pour aller bombarder la base sous-marine allemande.

Dès la Libération, à 15 ans, il prend un contrat de préparation militaire Air, où les adolescents sont admis, puis, dès que possible il s'engage dans l'armée de l'Air.

Une fois breveté pilote, sa première affectation est à Pau et il vole sur Junker 52 et sur Dakota.

Il complète sa qualification transport sur Nordatlas 2501, l'avion emblématique de cette époque, à Blida en Algérie, puis à Toulouse et il est affecté à la base aérienne d'Orléans.

Il devient instructeur de vol aux instruments et de formation aérienne. Il est également désigné pour présenter le Nordatlas en vol au cours des meetings aériens.

Puis il retourne à Toulouse, pour le stage opérationnel des vols de nuit à basse altitude en formation.

En 1962, il est affecté au Groupe des liaisons aériennes ministérielles, le GLAM, à Villacoublay, près de Paris, pour les déplacements des plus hautes autorités de l'État.

En 1966, il quitte l'armée de l'air avec le grade de commandant et passe ses licences civiles en France et en Suisse.

Il participe à la création d'une société de transport aérien, ainsi qu'à celle d'une société de services pour le renouvellement des qualifications et l'instruction des pilotes, société dont il devient le gérant.

Il continue parallèlement d'exercer dans la réserve militaire. Il est notamment responsable de l'instruction et du contrôle d'une trentaine de navigants de la région ouest et il est également conseiller du préfet et chargé des déplacements aériens.

En 1974, la société LIMAGRAIN, dont le siège est à Saint-Beauzire dans le Puy-de-Dôme, le sollicite pour créer un département aéronautique, et répondre ainsi aux besoins de cette société en pleine expansion, notamment en international.

En 1986, il prend sa retraite avec 16 000 heures de vol et 87 missions de guerre.

En complément de cette brillante carrière d'aviateur, il s'investit pour le service de la commune d'Orléat, pendant deux mandats, comme conseiller municipal puis comme adjoint au maire.

Dans le milieu associatif, il adhère en 1981 à l'association « Les vieilles tiges », amicale fondée en 1926 par les pionniers de l'aviation, pour organiser la solidarité entre les aviateurs.

En 1992, il en devient le délégué pour l'Auvergne et il est élu vice-président national en 2004.
Pour la Société des membres de la Légion d'honneur, il a exercé les fonctions de vice-président du comité de Thiers de 2008 à 2015, ainsi que celles de porte-drapeau.

Je m'incline respectueusement devant lui et j'assure son épouse Marcelle, sa fille Patricia, et tous ses proches, de notre totale sympathie et de notre entier et amical soutien.




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